Manuel Gutierrez Ruiz

STORYTELLING MANUEL GUTIERREZ RUIZ

1 : naissance et enfance

2 : ado

3 : formations

4 : premiers jobs :

5 : comptable et expert comptable

6 : premier bureau

7 : l’évolution

8 : les distinctions

9 : la poursuite du rêve

1.Naissance et enfance

Né de parents espagnols arrivés à Verviers, haut lieu de tissage du bassin liégeois, à peine six mois plus tôt, Manuel voit le jour le 11 juillet 1963. Ses parents travaillent et ne parlent pas encore le français mais ils se sont entourés d’amis francophones de pure souche et sa marraine, Marie, qui s’en occupe régulièrement, lui en inculque les sonorités.

Un frère s’annonce 27 mois plus tard. Il sera la source de stress d’enfant mais surtout le déclencheur d’un esprit de responsabilité qui va le poursuivre tout au long de sa vie.

Manuel entre en maternelle à l’âge de trois ans et apprend le français. Ce petit bout de chou est intelligent, vif d’esprit et possède un caractère sérieux. chaque soir, il est confronté aux réalités de la vie. son père travaille de nuit dans une usine et sa maman le jour, leurs horaires les amenant à laisser Manuel dormir, seul, à côté de son frère pendant une paire d’heures. Inutile de préciser que Manuel prend son rôle très au sérieux et ne parvient à s’endormir que lorsque sa maman rentre dans leur appartement.

Une anecdote : Il a cinq ans lorsque on lui pose la question habituelle : « – Et toi, Manuel, quel travail voudras-tu faire, quand tu seras grand ? – Je ne veux pas être pauvre. »

Sa vie se poursuit gentiment pendant six années, la période scolaire, où il excelle – il gagnera même un premier prix de wallon – en Belgique, les deux mois de congés d’été en Espagne, à Oviedo, magnifique capitale des Asturies, dans le nord du pays.

Parallèlement, il suit des cours de même niveau en espagnol.

C’est au cours de ces dernières vacances qu’il va grandir d’un seul coup : en effet, ses parents ont décidé de les laisser, son frère et lui, chez une tante espagnole pendant une année. Une nouvelle école, de nouveaux amis, une autre manière de vivre, un nouveau départ. Et il l’aime, cette vie ! Il s’adapte d’ailleurs rapidement à son nouvel environnement.

Une nouvelle année scolaire passe, les vacances arrivent et c’est à nouveau le choc : ses parents les ramènent vers le Belgique, où ils ont décidé de s’installer définitivement. Une nouvelle habitation, une nouvelle école, un autre départ et d’autres copains. Dure la vie : il a complètement oublié la langue française, il a perdu ses repères et tout son monde demande à être reconstruit. Qu’à cela ne tienne, sa volonté, associée à son intelligence va faire des miracles et en trois mois, il a rattrapé ses retards et aborde à nouveau sa vie scolaire avec énergie.

Un nouveau frère fait son apparition pour couronner ses neufs printemps.

Il se partage entre les études, sa famille et les tâches ménagères à la maison pour soulager sa maman.

2. Adolescence

Il a douze ans et le moment du choix d’une école se pose. Il choisira l’Athénée Charles Rogier à Liège, une section de sciences économiques, car sortent de là des étudiants capable de suivre des cursus universitaires. Et apprendre, c’est son truc, sa nécessité absolue, sa survie.

Il poursuit en parallèle des études littéraires en espagnol, les mercredis après-midi et samedis matins. Autant dire que sa vie est bien remplie !

Plutôt solitaire jusque-là, il rencontre celui qui deviendra son meilleur ami, Jean-Paul, au cours de sa deuxième année. Ils sont complices dès leur première rencontre et passeront quelques bons moments de rigolade ensemble. La famille de Jean-Paul a adopté Manuel, et c’est naturellement qu’ils passeront leurs vacances ensemble.

Dès sa seizième année, il est engagé dans un supermarché pour effectuer des petits travaux d’étudiants. Deux heures chaque jour, après sa journée scolaire, il ira rapporter des chariots abandonnés sur le parking et rangera des vidanges pour gagner de l’argent et être autonome.

A 16 ans, encore, il entame des cours d’italien en soirée. Le cursus portera sur deux ans.

Un troisième frère, Mikaël, fait son apparition. Il en sera le parrain.

Il clôture sa scolarité adolescente – on pourrait parler de ses scolarités – avec brio.

3 .Formation

Un nouveau choix se pose d’une école supérieure. Il rêve de constructions, de beaux bâtiments, de rénovations, de création … c’est finalement la comptabilité qu’il choisira, ses parents ne souhaitant pas financer de longues études universitaires.

Il entre donc à l’Institut Sainte Marie, à Liège, où sont dispensés des cours de comptabilité et de commerce, mais aussi où la formation en langues est optimale. Son choix se portera sur l’anglais et le néerlandais.

Anecdote : Il écrira son travail de fin d’étude en trois jours, sur une table de bistrot, pour ne pas alarmer ses parents inquiets de ses résultats futurs et obtiendra une appréciation du jury frôlant les 100% !

Deux années de plus à son compteur de vie, et voilà Manuel diplômé, prêt à entrer dans la vie active, si l’on peut dire !

Il rencontrera à cette époque celle qui sera sa première épouse, Isabelle.

4. Premiers jobs

Il n’était pas question de se reposer une journée sur ses lauriers !!!

Nous sommes en 1984, l’aube d’une nouvelle vie se profile.

Manuel va passer ses journées à distribuer des CV dans toutes les entreprises susceptibles d’avoir recours à ses services à ses moments de liberté. En effet, son père, ennemi de l’oisiveté, l’emploie comme petites mains dans l’entreprise de menuiserie où il travaille. Il preste des heures durant, ne prenant pas de repos, levé dès potron minet et tombant dans un sommeil réparateur à la tombée de la nuit.

Il passe par hasard devant un abattoir de Liège, dépose un CV. Justement, ils recherchent un comptable parlant le néerlandais. une journée et quelques tests plus tard, Manuel est engagé.

La succes story est en branle !

L’abattoir est géré par un ordinateur. N’oublions pas que nous sommes encore à l’ère paléolithique de l’informatique !

Les seuls rapports qu’a eu Manuel avec un ordinateur se résument à des images dessinées sur un tableau en classe de comptabilité !

Il découvre cette machine qui terrifie le personnel, s’y intéresse, tente de l’apprivoiser … Bugs, bugs et bugs se succèdent et ne se ressemblent pas. Manuel est désappointé, il déteste cette incompréhension. Lors d’un énième bug, un informaticien est requis. Manuel s’épanche, l’informaticien lui conseille une série de cours. Son boss l’envoie étudier après ses heures de bureau à Bruxelles.

Anecdote : lors de ce premier cours, Manuel découvre, horrifié, qu’il ne comprend rien. Son prof lui conseille un livre en anglais. En fait il est inscrit dans un cours de perfectionnement pour informaticiens chevronnés.

Il en sortira diplômé en informatique, spécialisé System Engeener IBM.

Il restera quelques mois dans cet abattoir, jusqu’à ce qu’il demande une augmentation, qui lui sera refusée. Il sera remplacé par 2 employés : un pour la comptabilité, l’autre pour l’informatique.

1985. Manuel a de l’ambition. Il vise l’expertise comptable, et pour ce faire, a besoin d’une expérience en fiduciaire et d’un maître de stage. Il va trouver rapidement tout cela à Huy, en région liégeoise.

Il entre avec enthousiasme dans ce nouveau monde du travail, où il va exercer ses talents couplés de comptable et d’informaticien dans cette boîte qui prend l’eau.

En parallèle, il reprend des études de RH à la Grande Ecole Léon Elie Troclet. Il en ressortira porteur d’un nouveau diplôme.

Il remarque assez rapidement que certaines règles ne sont pas respectées dans la fiduciaire qui l’emploie. En plus, le patron vient de s’associer à une concurrente avec laquelle il n’est pas très correct.

Anecdote : Manuel rend un rapport à la nouvelle associée dans lequel il demande clairement quelle est l’imbécile qui se laisse gruger de la sorte. Paulette, l’Imbécile, va lui téléphoner en personne pour se présenter. Par la suite, un cadeau incroyable et inespéré va lui être offert.

5. Premier bureau

Paulette possède plusieurs fiduciaires qu’elle rachète à prix d’or. Elle est compétente, organisée, et bien assise dans son job. Manu l’intéresse par ses capacités intellectuelles mais aussi et surtout par sa manière novatrice d’aborder son travail.

En effet, il prend les faits dans leur globalité, les analyse, les digère et en ressort rapidement une synthèse, assortie de solutions pour chaque problème.

Il est jeune, mais sûr de lui, de son talent, de ses capacités.

Paulette le teste encore et encore…

Un matin, elle lui fixe un rendez-vous et Manuel découvre avec stupeur qu’elle lui propose une association.

Manuel n’a pas le moindre sou. Qu’à cela ne tienne, Paulette lui présente son banquier qui lui prêtera ses premiers fonds.

En mai 1986, il crée, en association avec Paulette et un collègue, la sprl DVG, des initiales des 3 associés.

Ils s’installent à Liège, montent le bureau, rachètent une clientèle et engagent leur première employée.

Paulette chapeaute ce petit monde, leur donnant du travail, leur offrant une imprimante, les suivant pas à pas.

Le troisième associé, Luc, un pur bureaucrate, souhaite assez rapidement travailler à Bruxelles pour rejoindre sa compagne; Il démissionnera dans les mois qui suivent mais conservera un contact amical tant avec Manuel qu’avec Paulette.

Luc est remplacé par une nouvelle employée et Isabelle, qui vient de terminer ses études de comptabilité les rejoint dans l’entreprise.

Et elle tourne bien, l’entreprise ! On engage. Manuel part travailler quasi chaque jour à Bruxelles et s’occupe des contrôles fiscaux des sociétés de Paulette. Pour ce faire, il récupère le dossier à vérifier le matin en arrivant au bureau, on le lui explique rapidement et le contrôleur arrive sur place. Le contrôle peut débuter devant un parterre d’employés, Manuel étant sur l’estrade avec le contrôleur.

Anecdote : Lors d’un contrôle pour un client possédant un magasin d’alimentation générale, le contrôleur parle d’un dossier d’une manière bizarre. ……..

Le bureau grossit, le bureau engage du personnel, le bureau tourne !

Un premier mariage, un premier fils, Miguel, et une nouvelle première maison en région liégeoise plus tard, on retrouve Manuel, bien entouré par un personnel et des clients fidèles, gérant tout son petit monde !

En 1995, il rencontre une personne qui deviendra son mentor, sorte de maître à penser. Il s’agit de Leandro Ugarte, basque pure souche, patron d’une société espagnole spécialisée dans l’étirement d’acier à froid. Manuel va implanter pour lui une usine à Liège, Leandro le laissant totalement libre des meilleurs choix pour l’entreprise. Cela va prendre du temps, de l’énergie, de la patience mais Manuel découvre un monde qui lui était alors inconnu et il adore ça ! Il se donne à fond et un peu plus d’une année plus tard, l’usine est opérationnelle ! Il passe évidemment beaucoup de temps avec Leandro, il apprend énormément aussi.

En 1999, son épouse lui offre un second fils, Julien. Mais le couple bat de l’aile, se divise, et Manuel s’évade.

Il s’offre une moto, des moments d’évasion dans une vie privée où il s’ennuie …

Le 04 août 2000, lors d’une randonnée dominicale, une voiture le heurte violemment. Il oscille entre vie, mort, handicap …. La Vie, bien évidemment, va prendre le dessus et après des mois de convalescence en milieu hospitalier, Manuel reprend le contrôle !

Il prend la décision de se séparer en 2003 et rejoint sa nouvelle compagne, Marie-Christine.

Isabelle et lui se partagent les biens et Manuel rachète les parts de l’entreprise.

Un nouveau bureau en Hesbaye, les toujours fidèles clients et les mêmes employés, Manuel est fin prêt pour sa nouvelle vie !

En 2005, il épouse en secondes noces Marie-Christine, déjà mère de deux fils, Steve et Bastien. Ils habitent une vaste maison en banlieue et sont rejoints une semaine sur deux par les enfants de Manuel.

La vie s’organise.

En 2005, Manuel reçoit une proposition d’un client et ami, Pierre Gottshalk, qui possède des centres d ‘appareillages auditifs en région liégeoise. Ce dernier souhaite se séparer de son épouse, qui gère son entreprise, et une des solutions se trouve dans la vente de cette société. Peu d’acquéreurs sont intéressés car Pierre souhaite évidemment poursuivre son travail dans l’entreprise.

Quelques discussions et l’affaire est conclue. Pierre déménagera, transmettra son entreprise à Manuel et Marie-Christine et divorcera dans un même temps !

L’Espagne, terre-mère de Manuel, l’appelle. Il envisage d’y terminer ses jours. Il va y créer, à Madrid, en parfait accord avec un syndicat de la Police Nationale, une structure administrative spécialisée dans la recherche de subventions financières, qu’elles soient régionales, nationales ou internationales. Il va, pour ce faire, créer une société, louer des bureaux et engager du personnel formé à ce travail. L’un des éminents membres de la tête de ce syndicat s’occupera de gérer le bureau au quotidien. Tout étant arrangé, il n’y a plus qu’à se lancer !

L’entreprise, que Manuel pensait saine, ne l’est en réalité pas du tout ! Les époux ayant accumulé des retards de paiements importants, il faut éponger tout cela !

L’épouse de Pierre, frustrée, habituée des procès en tous genres, engagera des poursuites judiciaires à l’encontre de son ex-époux, de l’entreprise, de Manuel …

Anecdote : Lors de la reprise de l’entreprise, Marie-Christine, analysant des documents, est tombée sur une série impressionnante d’une trentaine de procès, lancés par l’épouse de Pierre en furie, à l’encontre de tout et rien : pantalon abîmé lors d’un passage au pressing, chien aboyant un dimanche dans son quartier, enfants du premier mariage de Pierre en vue de les déshériter, mauvaises herbes chez son voisin direct, ….

La machine judiciaire se met en branle. On est en 2006, et on peut dire qu’en Belgique, le doute profite … à l’accusateur ! « Malheureusement » Manuel est expert-comptable, et la justice va s’acharner sur lui : perquisitions, menaces, humiliations, fouilles, … Les commissaires, inspecteurs, juges, personne n’acceptera de l’entendre, et refusera de comprendre qu’un expert-comptable ait pu faire confiance à un ami. Après tout, c’est lui qui s’occupait de sa comptabilité ! Et que les époux Gottschalk lui aient caché les difficultés, nul ne le croira.

Dans un même temps, Isabelle prend les enfants à partie et refuse qu’ils voient régulièrement leur père. Ils finiront par ne plus accepter de le rencontrer.

La maison est mise en vente et le couple doit déménager dans un appartement à Liège.

L’entreprise madrilène, laissée à l’abandon, périclite. Faute de suivi, les factures émises restent impayées et les clients se lassent. Sans publicité, terminée l’arrivée de nouvelles têtes ! L’employée est licenciée.

Le bureau de comptabilité, mis à mal par la faillite retentissante Gottshalk, coule lui aussi. Les employés quittent le navire. C’est une faillite consécutive pour Manuel.

Leurs liquidités sont à sec et Manuel, croulant sous ces multiples pressions, va sombrer dans une terrible dépression qui va durer deux ans.

Deux longues années de descente aux enfers.

Chaque jour un peu moins bien, chaque heure de nouvelles larmes, chaque minutes un nouveau désespoir …..

Des psychologues, des médecins, des infirmiers, et enfin des psychiatres se penchent sur son cas mais seule Marie-Christine, avec l’aide de leur fidèle vieux médecin le sortiront de sa torpeur d’abord, de la dépression ensuite.

En août 2008, au cours des vacances annuelles, il décide de se reprendre en mains et remonte la pente.

Chaque jour un peu mieux, chaque heure un nouveau sourire, chaque minute une nouvelle raison de se réjouir !

Manuel reprend ses affaires en mains, les clients, fidèles et compréhensifs, sont au rendez-vous. Il va créer une nouvelle structure belge, le Cabinet Gutiérrez Breesch, et dans la foulée, monter un bureau d’expertise comptable au Luxembourg, du même nom.

Il reprend goût à la vie, les affaires l’intéressent à nouveau, il a soif de connaissances et de nouvelles du Monde.

2010 voit se profiler de nouvelles opportunités luxembourgeoises et le couple décide de s’expatrier vers cette capitale qui les appelle.

C’est à nouveau une nouvelle vie.

Son fils ainé reprend contact.

De nouveaux clients frappent à la porte, un nouvel employé est engagé.

D’importants investissements sont consentis.

La vie s’articule autour des bureaux et des nouvelles opportunités luxembourgeoises.

2012 s’annonce, une stagiaire rejoint l’équipe. Elle termine brillamment des études de comptabilité. C’est une bosseuse. Le charme allié à l’efficacité !

Manuel multiplie les contacts. Le bureau s’étoffe. Avec Marie-Christine, ils choisissent de l’exposer et créent un site internet. Manuel gère la technique et Marie-Christine le visuel.

Les bureaux trouvent un nouveau cadre, plus prestigieux, dans les anciens bâtiments de la banque Internationale du Luxembourg en 2013, à deux pas de leur domicile, qui lui, deviendra exclusivement privé.

On engage un employé supplémentaire. Il a les capacités d’un expert-comptable, et va très vite gérer administrativement le bureau de Luxembourg.

Informatiquement, on est toujours à la pointe, Manuel étant perpétuellement à l’affut des nouveautés technologiques et les appliquant avec succès !

2014. Bastien choisit d’entrer en comptabilité, et de poursuivre des études tout en travaillant au bureau. Un stagiaire supplémentaire rejoint l’équipe !

Des rencontres, des coups de pouce, des opportunités, une bonne presse et une belle image donnent une fois de plus au bureau une impulsion bénéfique, augmentant régulièrement le chiffre d’affaires.

2016 voit se profiler de nouvelles destinations, vers la Suisse et la France, de nouveaux défis, de nouvelles chances, une heureuse poursuite d’un chemin déjà bien engagé …

Avril 2016.

Marie-Christine Gutiérrez Breesch.

Manuel Gutiérrez Ruiz

Expert-comptable, associé Cabinet Gutierrez Breesch